Lundi 04 Août 2008

Une ville-dortoir aux perspectives d'emploi quasiment nulles

Seddouk, douar de Cheikh Belhaddad, lieu où a été proclamé le soulèvement d'avril 1871, est une commune parmi les plus importantes de la wilaya de Béjaïa, située à environ 80 km du chef-lieu, Béjaïa. Ces dernières années, elle connaît un important essor de développement urbain. Un développement que n'arrivent toujours pas à maîtriser les autorités locales qui butent sur des manques de moyens pour répondre aux doléances des citoyens qui ne cessent de réclamer des commodités de première nécessité et les plus élémentaires telles que l'eau potable, l'assainissement des eaux usées ou l'aménagement des routes d'accès ou des ruelles et venelles intérieures. Ceci dit, depuis l'indépendance, les villages des communes limitrophes ont connu un exode rural massif caractérisé par une saignée de montagnards fuyant la misère sociale des bourgades oubliées et se ruant vers la grande ville. Seddouk de par sa proximité était et restera la ville de convergence par excellence. Pas moins de sept cités urbaines dont les habitations sont construites anarchiquement, ont germé aux quatre coins des banlieues de la ville de Seddouk. La commune n'a vendu aux particuliers qu'un seul lotissement. Le reste des lotissements appartenait à des gros propriétaires terriens qui ont vendu sans actes de propriété des lots de terrain comme on vend des petits pains et au comptant ou à crédit et ce, pour contourner la loi sur la révolution agraire des années 1970 dont ils ont peur des nationalisations. Cette situation était à l'origine de création des lotissements sauvages sans plan de parcellisation ni vulgarisation des lieux, des lots de terrain parfois cédé sans détermination de la surface, à vu d'oeil, à des prix dérisoires et avec des facilités de payement. Certains propriétaires ont habité des logements non finis, sans eau, sans assainissement et sans électricité. C'était au temps des constructions illicites. La cité la plus importante et la plus ancienne a été baptisée «cité d'urgence» pour une raison toute simple et facile à deviner. Les autorités locales de l'époque classant ce lotissement illicite ne cessent d'harceler les promoteurs d'arrêter les travaux mais malgré cela ces derniers continuent à achever la course contre la montre en travaillant même de nuit. Le paradoxe, une vingtaine d'années plus tard, elle est devenue une cité commerçante où les commerces des produits de la gent féminine poussent comme des champignons et attirent chaque jour un nombre incalculable de clients. Les habitations étaient pour la plupart régularisées par le fameux certificat de possession délivré par les domaines et les pouvoirs publics les ont dotées de gaz et d'électricité. Qui dit mieux ! Les conduites d'eau et d'assainissement étaient à la charge des résidents. Reste l'état pitoyable des routes dont certaines n'ont jamais reçu d'aménagement quelconque même en tout-venant-d’oued (TVO. Pour cela, les habitants, mettant en avant leur statut de citadins, ne cessent de réclamer des projets d'aménagement urbain qui puissent mettre fin à la poussière en été et à la gadoue en hiver. Autre facteur non négligeable, qui fait défaut dans ces cités, ce sont les espaces verts, auxquels personne n'y a pensé initialement. Dans ce cas, les enfants en bas âge jouent dans la rue. De son côté, l'Etat aussi a créé pas moins de 3 cités urbaines, dont la plus importante, qui connaît actuellement une expansion tous azimuts, n'est autre que la cité des 48 logements où sont concentrées d'ailleurs la plupart des agences des entreprises publiques (banque, assurance, OPGI, Sonelgaz, bureau d'études, etc.). Des logements livrés clé en main, mais en l'espace de quelques années, ils connaissent déjà des dégradations avancées à l'intérieur comme à l'extérieur avec des façades enfumées. Des espaces verts ont été créés mais jamais aménagés, et laissés à l'abandon, à la merci des broussailles et des détritus. Autant de problèmes que posent ces cités aux autorités locales qui ne savent pas comment agir pour pouvoir arriver à éradiquer les chapelets d'insuffisances qu'elles recèlent. Ceci dit, Seddouk est malade de ses cités, devenues, par la force du temps, des dortoirs où les gens qui y habitent monnaient leur force de travail ailleurs par le manque de perspectives d'emploi dans leur commune, pourtant parmi les premières à créer une zone d'activité pour juguler le chômage qui frappe tous les franges de la population en âge de travailler. Cette zone fantomatique ne présente aujourd'hui que désolation et désespoir malgré qu’elle soit dotée de toutes les commodités à même de recevoir dans de bonnes conditions les unités de production. Mais l'ironie du sort fait que seules deux usines y sont implantées et employent environ une dizaine d'ouvriers. L'activité commerciale est la seule qui se développe à une vitesse effrénée.L/BEDDAR C.alg

publié par Entre Nous dans: seddouk infos
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