« Ce n’est pas évident de faire un film en kabyle »
Said Bellili est natif de Mcisna, une commune limitrophe de Seddouk en
basse Kabylie. Autodidacte, il a commencé sa carrière en tant que
metteur en scène de théâtre avant de se tourner vers le cinéma. En
2000, il réalise son premier documentaire sur les sinistrés du séisme
des Ath Ouarthirane. En 2002, il coréalise un deuxième documentaire sur
les handicapés puis un court métrage en 2005 sur la prévention du SIDA.
Il vient de tourner son premier long métrage intitulé « Daâwessou », La
Malédiction. D’une durée de 1H52 minutes, le film est entièrement
tourné en kabyle avec des comédiens amateurs, exceptée la comédienne et
poétesse Hadjira Oubachir qui y campe le rôle féminin principal. A
signaler également la participation du chanteur Hamid Ouagrani qui
s’est fait connaître, il y a quelques années, par un tube intitulé «
Ourgagh Kem Athasekourth ». Rencontré à Bgayeth lors de la projection
de son film, Said Bellil a bien voulu répondre à quelques questions de
kabyle.com
Kabyle.com : Quelles sont les difficultés que rencontre un réalisateur qui fait un film en kabyle ?
Said Bellili : Le manque de moyens constitue le plus grand obstacle. Surtout les moyens financiers. Il est très difficile de trouver des comédiens, surtout des comédiennes. J’ai du faire un casting à l’université de Bgayeth pour trouver des comédiens. La deuxième difficulté ce sont les lieux de tournage. Les villages kabyles ont beaucoup changé. Il est impossible de tourner une scène sans tomber sur une antenne parabolique, un poteau électrique ou un mur en béton. Je suis allé à Ikhef El Djabia, là où Abderrahmane Bouguermouh a tourné La Colline Oubliée. Arrivé là je me suis rendu compte que, malheureusement, le village s’est complètement dégradé. Il est tombé en ruines. J’ai fini par dénicher Ighil Melloulen et Beni Djaad, des villages plus ou moins préservés où j’ai pu tourner l’essentiel des scènes du film. Je tiens à remercier l’association Tafsut de Beni Djaad. C’est grâce à eux et au dévouement de l’ensemble des habitants que le film a pu se faire. Les habitants, y compris les femmes et les jeunes filles, ont même accepté de jouer les figurants. Le reste du film a été tourné à Aubervilliers et à Saint-Denis en France.
Avec quel budget avez-vous pu tourner le film ?
C’est grâce à la subvention de l’ONDA, l’office national des droits d’auteur que j’ai pu donner le premier tour de manivelle. Même dérisoire cette subvention m’a beaucoup aidé. Le ministère de la culture, à travers le FDATIC, un fonds d’aide au développement des arts, m’a promis une aide mais je ne l’ai pas reçue. Ma demande vient même de recevoir une réponse négative. J’ai été contraint alors à faire des économies de bouts de chandelles pour arriver à mes fins, tourner à l’économie, réduire l’équipe et le matériel au strict minimum. Vous savez, c’est plus du militantisme culturel que du cinéma proprement dit que l’on est réduit à faire.
Comment s’est déroulée l’avant première du film à la cinémathèque de Bgayeth ?
Lors de la projection du film à Bgayeth, j’ai été heureux de constater que les gens sont venus nombreux et en famille pour voir le film d’autant plus qu’ils ont semblé l’apprécier. C’est cela ma satisfaction. Le film s’est fait malgré tout. Tourner dans un village en plein mois de décembre, avec la neige et le froid, ce n’est pas du tout évident.
Said Bellili est natif de Mcisna, une commune limitrophe de Seddouk en
basse Kabylie. Autodidacte, il a commencé sa carrière en tant que
metteur en scène de théâtre avant de se tourner vers le cinéma. En
2000, il réalise son premier documentaire sur les sinistrés du séisme
des Ath Ouarthirane. En 2002, il coréalise un deuxième documentaire sur
les handicapés puis un court métrage en 2005 sur la prévention du SIDA.
Il vient de tourner son premier long métrage intitulé « Daâwessou », La
Malédiction. D’une durée de 1H52 minutes, le film est entièrement
tourné en kabyle avec des comédiens amateurs, exceptée la comédienne et
poétesse Hadjira Oubachir qui y campe le rôle féminin principal. A
signaler également la participation du chanteur Hamid Ouagrani qui
s’est fait connaître, il y a quelques années, par un tube intitulé «
Ourgagh Kem Athasekourth ». Rencontré à Bgayeth lors de la projection
de son film, Said Bellil a bien voulu répondre à quelques questions de
kabyle.com
Kabyle.com : Quelles sont les difficultés que rencontre un réalisateur qui fait un film en kabyle ?
Said Bellili : Le manque de moyens constitue le plus grand obstacle. Surtout les moyens financiers. Il est très difficile de trouver des comédiens, surtout des comédiennes. J’ai du faire un casting à l’université de Bgayeth pour trouver des comédiens. La deuxième difficulté ce sont les lieux de tournage. Les villages kabyles ont beaucoup changé. Il est impossible de tourner une scène sans tomber sur une antenne parabolique, un poteau électrique ou un mur en béton. Je suis allé à Ikhef El Djabia, là où Abderrahmane Bouguermouh a tourné La Colline Oubliée. Arrivé là je me suis rendu compte que, malheureusement, le village s’est complètement dégradé. Il est tombé en ruines. J’ai fini par dénicher Ighil Melloulen et Beni Djaad, des villages plus ou moins préservés où j’ai pu tourner l’essentiel des scènes du film. Je tiens à remercier l’association Tafsut de Beni Djaad. C’est grâce à eux et au dévouement de l’ensemble des habitants que le film a pu se faire. Les habitants, y compris les femmes et les jeunes filles, ont même accepté de jouer les figurants. Le reste du film a été tourné à Aubervilliers et à Saint-Denis en France.
Avec quel budget avez-vous pu tourner le film ?
C’est grâce à la subvention de l’ONDA, l’office national des droits d’auteur que j’ai pu donner le premier tour de manivelle. Même dérisoire cette subvention m’a beaucoup aidé. Le ministère de la culture, à travers le FDATIC, un fonds d’aide au développement des arts, m’a promis une aide mais je ne l’ai pas reçue. Ma demande vient même de recevoir une réponse négative. J’ai été contraint alors à faire des économies de bouts de chandelles pour arriver à mes fins, tourner à l’économie, réduire l’équipe et le matériel au strict minimum. Vous savez, c’est plus du militantisme culturel que du cinéma proprement dit que l’on est réduit à faire.
Comment s’est déroulée l’avant première du film à la cinémathèque de Bgayeth ?
Lors de la projection du film à Bgayeth, j’ai été heureux de constater que les gens sont venus nombreux et en famille pour voir le film d’autant plus qu’ils ont semblé l’apprécier. C’est cela ma satisfaction. Le film s’est fait malgré tout. Tourner dans un village en plein mois de décembre, avec la neige et le froid, ce n’est pas du tout évident.
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