Livrée aux plus folles incertitudes dans un insondable labyrinthe existentiel, notre jeunesse ne finit pas de s’autodétruire.
Ce fléau a pris ces dernières années des allures insoupçonnées dans la wilaya de Bgayet qui compte ainsi parmi les régions les plus touchées du pays. Pour la seule année 2007, pas moins de quarante cas de suicide ont été recensés. Un chiffre qui ne reflète pas, loin s’en faut, l’envergure du phénomène. Ces naufragés du désespoir se recrutent de préférence chez l’adulte jeune, avec une nette prédominance de la gent masculine.
Si tout ou presque a été dit sur les facteurs favorisant le suicide, (perte de repères, manque de perspectives, traumatismes divers), en revanche les motivations profondes d’un tel acte demeurent dans bien des cas mystérieuses.
Les spécialistes relèvent le profil atypique des candidats au suicide, contrairement à une idée reçue et selon laquelle l’autodestruction est l’apanage de malades mentaux et de personnes complètement déconnectées de la réalité. Un psychiatre exerçant à Akbou tente de percer la signification de la conduite suicidiaire : “Tout être humain cherche par narcissisme à se protéger de toute forme de nuisance.
En revanche, une personne qui se donne la mort appréhende la vie comme un engrenage sans fin, se sentant au fond de l’abîme, le sujet passe alors à l’acte où la mort est perçue comme la seule solution susceptible de mettre un terme à sa souffrance. Tout en soulignant la gravité du problème qui est d’une telle complicité qu’il requiert une riposte adéquate à tous les niveaux de la société, le médecin préconise “une prise en charge médicale précoce, de préférence avant que les signes prémonitoires de la velléité de suicide se fassent jour”.
La prise de médicaments sédatifs, perçue par les praticiens comme une “camisole chimique”, réduit considérablement les risques de passage à l’acte.
Association Culturelle des Activités de Jeunes "Cheikh Belhaddad" 
