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Dimanche 20 Avril 2008

Du Printemps berbère au printemps noir

La longue marche pour les libertés

Trois décennies de combats, de larmes et de sang pour tamazight. Les acquis sont jugés satisfaisants, mais les revendications restent posées.

La constitutionnalisation de tamazight, le 8 avril 2002, n’a pas pour autant garanti le droit à l’instruction et à l’information dans cette langue. Dans le système éducatif et dans les médias, la langue amazighe attend une meilleure considération. Les acteurs traditionnels, porteurs de la revendication (Mouvement culturel berbère), les archs, les associations et les fédérations culturelles ont baissé les bras alors que les autres organisations sont laminées. Cela se passe au moment où le pouvoir ne manifeste pas une réelle volonté politique pour la prise en charge de ce patrimoine linguistique et culturel national. L’enseignement se fait de manière aléatoire. M. Boudinar, président de l’association des enseignants de tamazight, affirme : « Réellement, tamazight est enseignée dans trois wilayas : Bouira, Béjaïa et Tizi Ouzou. Elle se fait de manière partielle à Alger, Tamanrasset, Khenchela et Batna. Sa généralisation est freinée par l’inertie du ministère de tutelle qui refuse d’ouvrir des postes budgétaires. » Concernant la transcription de la langue, dont certaines voix ont demandé qu’elle soit faite en caractères arabes, notre interlocuteur affirme : « Pour nous et les apprenants, elle est tranchée : c’est en latin. Tout le monde l’a adoptée. » Pour des linguistes, les tentatives d’imposer l’utilisation des caractères arabes viseraient un compromis : opter pour le tifinagh, comme au Maroc. Une manière, pensent-ils, de freiner le développement de tamazight. L’introduction de tamazight dans l’audiovisuel demeure une revendication toujours insatisfaite. Depuis l’introduction en 1996 d’un journal télévisé dans les programmes de l’ENTV, aucune avancée notable n’est enregistrée. Les locuteurs berbérophones attendent encore leur chaîne. Pourtant, le projet d’une télévision en tamazight a été annoncé il y a trois ans et n’a pas encore vu le jour. Saïd Lamrani, ancien journaliste de la radio Chaîne II, chef du projet, nous a répété mercredi dernier ce qu’il a toujours déclaré : « Officiellement, aucune date n’est retenue pour le début des émissions. Mais même si elle est déjà fixée, je laisserai le soin à qui de droit de l’annoncer. » Tout le monde attend le feu vert qui viendrait de « haut lieu ». Mais la feuille de route est fixée : ce serait une chaîne généraliste satellitaire qui diffusera des programmes en cinq variantes de tamazight (le chaoui, le chenoui, le mozabite, le kabyle et le targui). Cinq bulletins d’information seraient diffusés dans ses variantes linguistiques durant les six heures de diffusion fixées (de 15h45 à 22h05). Une chose est à présent certaine : une entreprise privée de communication a arraché le marché de près de 1000 heures de doublage de films comme Les vacances de l’inspecteur Tahar, Les portes du silence et des feuilletons comme El Bedra ou Fatma n’Soumeur. Le chemin pour l’entière satisfaction de la revendication, notamment l’officialisation, paraît encore long. Et les animateurs « historiques » qui ont fait le MCB semblent préférer se retirer de la scène publique. Arezki Abbout, détenu de 1980 et militant connu de la cause amazighe, déclare : « Il y a eu des acquis et des reculs. L’histoire n’est pas linéaire. J’estime qu’il y a une erreur car on a confié deux missions à une seule génération. Pour moi, le MCB a fini sa mission historique. Notre génération ne peut plus continuer ce combat. Personnellement, j’ai fini d’écrire mes mémoires. Je donne ma dernière conférence publique cette semaine à Yattafen. » Pour Saïd Khellil, militant de la première heure, il faudrait réhabiliter le politique, « car ce que nous demandons au pouvoir nous ne le faisons pas nous-mêmes dans nos organisations. Dans la pratique, il faut être démocrate. Je pense que le danger est d’alimenter cette propension à discréditer l’action politique. Je pense que notre devoir est de répondre aux sollicitations d’associations culturelles. Nous devons continuer à transmettre nos expériences et nos échecs à ceux qui voudraient prendre le flambeau ».

Dimanche 13 Avril 2008

Agaoua Louhab (Wahab)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec son premier album, Wahab va nous faire bouger avec des rythmes endiablés dans la plus pure tradition musicale kabyle.
Sa voix puissance, son registre entrainant, ses mélodies variées sont autant d’éléments annonciateurs d’un succès assuré.
Un vrai enchantement !

pour ecouter des extrais: http://www.agawa-prod.com/spip.php?article29

Samedi 12 Avril 2008
 
                                                  Célébration de l’insurrection de Cheikh Belhaddad
Clôture des festivités

Le Festival de Cheikh Belhaddad, organisé à l’occasion de la commémoration du 137e anniversaire de l’insurrection du 8 Avril 1871, par l’Association des activités de jeunes “Cheikh-Belhaddad de Seddouk, a pris fin le 8 avril par une soirée artistique. Une édition jugée très réussie sur tous les plans, selon les participants.

L’organisation était parfaite et la participation très large, à voir le grand nombre de clubs sportifs et d’associations culturelles qui ont répondu à l’invitation de l’association organisatrice, venus de tous les coins de la wilaya pour prendre part à ce festival. Il faut signaler la qualité et la richesse du programme.

Des activités sportives et culturelles étaient au menu. Des tournois  de jeu d’échec, tennis de table, pétanque, handball, judo, karaté, kung-fu, football et même un semi-marathon.

De même que des galas artistiques, des soirées musicales et théâtrales, des conférences, des expositions et projections  de témoignages, photos et manuscrits inédits, retraçant la vie et l’œuvre du cheikh.

Une visite de recueillement sur la tombe de Cheikh Belhaddad à Constantine figurait au programme. Le festival a drainé des foules importantes les durant du festival 20 jours qu’il a duré sur les lieux qui ont abrité les différentes festivités, en l’occurrence le Centre culturel, le Complexe sportif de proximité et la salle des fêtes de l’APC de Seddouk.

Le festival était une véritable occasion pour la  région, avide de ce genre de festivités de se détendre, notamment par les soirées théâtrales et les galas artistiques mais aussi pour découvrir, à travers les conférences, les projections et expositions organisés dans ce cadre, le parcours et le combat de l’un des plus grands monuments de l’Algérie, qui est aussi un fils de la région. A noter que le festival s’est doté, cette année, d’un important parrainage de la part de plusieurs parties : instances et sociétés, en plus de l’apport historique important des deux œuvres de l’auteur Ali Battache et du réalisateur Djilali Boukhdad. Il s’agit respectivement d’un livre et d’un film-documentaire retraçant la vie et le combat de Cheikh Belhaddad et de son complice, El Mokrani, lesquels retracent surtout le rôle de la confrérie Rahmania dans la lutte contre le colonialisme en général et dans l’insurrection du 8 Avril 1871 en particulier. Ce sont deux témoignages historiques d’une grande valeur en son et images, dévoilant certains aspects d’une phase de notre histoire qui reste encore pleine d’ombres et méconnue.

 

Exposition

Mémoires gardiennes de Cheikh Aheddad et d’El Mokrani à l’APC de Seddouk

samedi 12 avril 2008, par Rabah Zerrouk, La Dépêche de Kabylie

Comme signalé dans notre édition de jeudi, l’exposition spéciale organisée par les artistes adhérents de la Maison de jeunes locale en hommage aux deux grands hommes de la Révolution, Cheikh El Mokrani et Cheikh Ahedad, a drainé, outre les représentants de la caravane nationale, une foule très nombreuse venue en connaître davantage sur la vie de ces deux monstres sacrés de la période des révoltes citoyennes (insurrections) dont ils étaient les initiateurs.

Dès l’entrée, l’intitulé “Mémoires gardiennes” trouvent ses motivations par ces totems-ancêtres protecteurs des premiers peuples dédiés à la mémoire de ceux dont on doit éterniser les souvenirs car morts pour que demeure la vie. Dès l’abord donc, les différents artistes peintres associés à l’événement, se veulent des gardiens du temple-mémoire - “Contre l’oubli cultivons la mémoire”. Ces mots portés sur le parchemin des livres sont éloquents et suffisent pour dévoiler l’intention ou le vœu des hommes à perpétuer ce message.

Le visiteur découvre alors les œuvres les plus significatives de cette génération d’artistes de la région qui ont su comment rendre la monnaie à ceux qui veulent falsifier l’histoire et ont superbement maîtrisé l’ art de la sculpture sur bois, des tableaux de peintre portraits des deux grands Cheikhs : des habits traditionnels et autres ouvrages qui ont laissé pantois d’admiration les présents. Ce sont tantôt ces deux guerriers arborant boucliers tantôt des esprits errants à la figure inquiétante. Il s’en dégage une atmosphère de sincérité traduite à travers ces œuvres de haute qualité et d’une dimension historique de grande valeur à voir et des artistes pleins de talents dotées de générosité forgés dans l’école de nationalisme.

Ces créations qui ont coïncidé avec la première randonnée nationale pour les deux grands Cheikhs, valaient une reconnaissance à titre posthume et présage, désormais, une prise de conscience “espoir” qui prouve que le flambeau légué par ceux qui ont confectionné l’histoire de l’Algérie est toujours allumé et le demeurera.

Rabah Zerrouk

 

Vendredi 11 Avril 2008

Cheikh Aheddad

et la Révolution de 1871

Deux ouvrages viennent d’être publiés sur Apercu sur l’histoire de la Kabylie Mokrani, Cheikh Aheddad et la Révolution de 1871 de Bettache Ali aux éditions El Amel et La résistance de l’Afrique du Nord à La conquête arabe de Azzedine Tagmount aux éditions Bénévent.

Récemment paru aux éditions El Amel, sous la plume de Bettache Ali, professeur d’histoire, voilà un livre qui vient fort à propos dépoussiérer un tant soit peu la mémoire d’un géant appelé Cheikh Aheddad, chef spirituel de la Tariqa Rahmania et leader charismatique de la Révolution de 1871, aux côtés du légendaire Mokrani. Même si l’ouvrage pêche un peu par des généralités, qui ne peuvent profiter qu’à un public scolaire, il a le mérite de revenir un peu plus en détail sur la confrérie de la Tarika Rahmania en général et la vie ainsi que le parcours de Cheikh Aheddad. Divisé en trois chapitres principaux qui abordent les thèmes du soufisme et du conflit opposant l’Islam à la chrétienté, le livre, qui s’articule autour de la personnalité du cheikh, tente de restituer le contexte particulier qui a conduit à la fameuse révolte de 1871. Originaire de Seddouk, village natal de Cheikh Aheddad, l’auteur a su profiter de cette proximité pour nous restituer dans son milieu l’une des plus grandes figures de l’Algérie contemporaine. Par ailleurs, La Résistance de l’Afrique du Nord à la conquête Arabe qui vient de paraître en rance aux éditions Bénévent, sous la plume de Azzedine Tagmount s’intéresse aux VIIe et VIIIe siècles qui ont vu l’Afrique du nord succomber peu à peu aux coups de boutoir des armées arabes conquérantes et l’Islam se répandre chez les Berbères. L’ouvrage retrace l’histoire des expéditions arabes qui vont de Abdellah Ibn Saâd Ibn Abou Sarh jusqu’à la conquête de l’Espagne par Tarik Ibn Ziad, en mettant en exergue l’esprit de résistance et l’attachement indéfectible du peuple amazigh à ses racines et à sa liberté, illustrés par les épopées de Koceïla et Dihia, dite La Kahina. S’appuyant sur des références arabes peu exploitées, mais patiemment mises à jour, l’auteur tente avec un certain succès, il faut le dire, de démystifier une conquête arabe dont certains aspects ont été recouverts d’un voile pudique, que peu d’historiens ont tenté de soulever. C’est là justement que réside le mérite d’Azzedine Tagmount, qui s’est déjà illustré par un ouvrage consacré au rebelle Arezki Oulbachir.

Jeudi 10 Avril 2008
Il a été projeté à Béjaïa

 “Tanekra” (soulèvement d’un peuple) est le titre du premier film du jeune réalisateur Djilali Boukheddad sur la vie du grand théologien chef spirituel de la Tariqa Al-Rahmania, et révolutionnaire artisan de l’insurrection du 8 avril 1871, qu’est Cheikh Mohand Ameziane Aheddad, né en 1790 à Seddouk Ouffela dans la wilaya de Béjaïa. Le film documentaire de Djilali Boukheddad, déjà projeté à la cinémathèque de Sétif lors du dernier festival du film amazigh, retrace la vie du Cheikh Aheddad, mais également son apport, jusque-là inexploré, dans le soulèvement populaire qui a eu lieu en 1871. La projection du film à Béjaïa a eu lieu, lundi à la cinémathèque de la ville devant un public peu nombreux. De même, le débat avec le réalisateur du film, lequel devait intervenir au terme de la projection, n’a pas eu lieu au motif que ce dernier était malade et par conséquent ne pouvait honorer ses engagements. En un peu plus d’une heure, l’assistance présente à la cinémathèque de Béjaïa a cependant fait un voyage dans le temps en découvrant un érudit personnage qui a pu et su mobiliser des populations entières contre une présence étrangère sur ses terres en basse Kabylie et ailleurs.

D’après le film documentaire, Cheikh Mohand Ameziane Aheddad était un chef spirituel hors pair compte tenu du nombre de confréries qui étaient sous sa coupe, dont le nombre serait de plus de 177, mais également du nombre d’adeptes qui allait crescendo au fil des années, et ce dans toutes les régions du pays, lesquels adeptes ont suivi l’enseignement de Cheikh Aheddad.

Un enseignement, qui ne se résumait pas aux rudiments de la langue arabe et les préceptes de l’Islam mais embrassait également d’autres disciplines à savoir les mathématiques, l’astronomie et bien d’autres. “Tanekra” dont le scénario a été adapté du livre de Ali Bettache, enseignant d’histoire à l’université, se veut pour le réalisateur du film, la Direction de la culture, la Cinémathèque de Béjaïa, l’APC de Seddouk

 et l’association “des activités de jeunes Cheikh Belhaddad” de la même ville, un hommage à celui qui était derrière l’insurrection du 8 avril 1871 mais que ceux qui noircissent les pages blanches de l’histoire veulent sciemment reléguer au second plan.

 

 

Le film documentaire de Djilali Boukheddad est également ponctué de quelques témoignages d’historiens, de cinéastes, d’habitants de Seddouk Ouffela. Là, les femmes de la région évoquent encore Cheikh Aheddad en prose élogieuse.

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