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Mardi 06 Mai 2008
    
Jeudi 01 Mai 2008

Seddouk Ouffella : solitude post-mortem de Cheikh Aheddad
Par Arezki Metref


Taos, ma vieille complice d’Akbou, a un contact. Un confrère, qui habiterait Seddouk, lui avait dit qu’elle pouvait compter sur lui. En grimpant dans la Hyundai bleu pétrole conduite par Mustapha, un copain d’Alger que j’entraîne dans ces nouvelles pérégrinations, elle se désole de ne pas me donner de réponse. Le confrère ne répond pas au téléphone. On essaye une dernière fois. La voix métallique du répondeur nous apprend invariablement que le correspondant est injoignable. On va tout de même à Seddouk, après un crochet par Sidi Yahia, le marabout thermal qui fait un tabac. N’étant plus tout à fait une piste, la route n’est cependant pas encore confortablement carrossable. Conclave dans la voiture : compte tenu du peu de temps dont nous disposons, mieux vaut sacrifier Sidi Yahia. Il sera encore là, un autre jour.
On préfère foncer sur Seddouk, dans l’ignorance de cette nuance décisive : c’est qu’il y a Seddouk bada’, le bas, Seddouk Oufella, le haut, et Seddouk centre. C’est là-dedans que nous arrivons. Les rues sont tirées au cordeau. Il ne serait pas étonnant que, comme dans certaines villes des Etats-Unis, les rues portent des numéros plutôt que des noms. On avait imaginé que le souvenir de cheikh Aheddad nous sauterait dessus avant même qu’on foule le sol de la ville. On avise deux personnes âgées, bavardant sur des chaises à même la rue. Elles doivent pouvoir nous orienter. La tâche de demander m’incombe parce que Taos est timide et Mustapha ne parle pas kabyle. Je fais ce rapport à mes camarades de voyage : on doit faire demi-tour et, au croisement, reprendre la direction de Bougaâ pour rallier Seddouk-Oufella, village natal du cheikh. On a du mal à sortir de la ville. On recourt une fois de plus à un passant. Comme la première fois, c’est une personne âgée qui nous indique une épicerie dans un virage. “Celui qui la tient est de la famille du cheikh”, dit-il. C’est bon à prendre. Mais on a dû rater le virage. On tombe tout de même sur la statue du cheikh. Si mes informations sont bonnes, elle a été érigée à l’endroit même où le guide de la confrérie Rahmanya a proclamé le jihad contre les Français. Nous sommes le 8 avril 1871. Cheikh Aheddad conduit la prière à Souk El Djemâa, appuyé sur ses enfants, M’hand, lieutenant de Boubaghla lors de la révolte de 1851, et Aziz. Le cheikh projette son bâton à terre et dit : “Nous jetterons les envahisseurs à la mer de la même manière que je jette ce bâton à terre.” L’insurrection est partie. 15 000 hommes prennent les armes sous la bannière d’Aziz et de M’hand, avec la bénédiction de cheikh Aheddad. Retour à notre croisement d’origine. Pas question de se tromper de direction cette fois-ci. On prend bien Bougâa. Ça grimpe du diable ! Comme partout, les constructions poussent dans les endroits les plus inattendus. On traverse un gros bourg aux carcasses étalées à travers les mamelons. Dans la voiture, la lassitude commence à gagner. Taos me confie qu’elle ne s’imaginait pas que le village de cheikh Aheddad puisse se nicher si haut. Mustapha, lui, se concentre sur la conduite. Les virages se succèdent entortillant une route déserte. Un arc de triomphe en métal planté à l’entrée d’un chemin vicinal informe : “Seddouk Oufella, village historique, Cheikh Aheddad, 1871”. Le village est adossé au mont Achtoug. Dominant d’une bonne tête la plaine, Seddouk Oufella a quelque chose du nid d’aigle qui n’a rien à craindre des attaques terrestres. Depuis la route, il faut rouler un bon moment avant d’entrer dans le village. Première bonne surprise : peu de baraques d’ostentation, ces colifichets des nouveaux riches qui émaillent la Kabylie de leur brillance de stuc et de parpaing. Les maisons ont été reconstruites souvent à l’ancienne. Le matériau de base demeure la pierre de taille et le ciment, un mélange de terre et de paille. Ça dresse des murs pour des siècles ! Dan0s les rues escarpées, le silence est comme le symptôme d’un recueillement éternel. La répression du soulèvement de 1871 est encore tapie dans les mémoires. Elle est transmise comme un héritage de la résistance. Lorsque la révolte a été écrasée, les hommes de la famille Aheddad sont arrêtés et leurs biens mis sous séquestre. Le tribunal de Constantine, devant lequel les insurgés sont présentés en 1873, reconnaît la culpabilité du cheikh dans la proclamation de la révolte. Le juge lui assène le verdict : “Le tribunal vous condamne à 5 ans de prison”. Cheikh Aheddad rétorque : “Dieu ne m’accorde que 5 jours”. Le sixième jour, les gardiens le retrouvent mort dans sa cellule de la prison de Constantine. Son fils M’hand est déporté en Nouvelle-Calédonie. Aziz, son cadet impétueux, celui qui aurait convaincu son père de donner une caution religieuse à la révolte des djouad menée par El Mokrani, est condamné à mort. Mais sa peine est commuée en déportation en Nouvelle- Calédonie. Lorsque les déportés communards sont amnistiés en 1879 et que Aziz comprend que le gouvernement français n’avait pas l’intention d’agir de même avec les insurgés d’Algérie, il s’évade de l’île. Il gagne l’Australie, puis le Nedjaz. C’est à Paris qu’il meurt à l’âge de 55 ans. Rapatrié en Algérie, sa dépouille est accueillie par des milliers de ferventes ouailles des Rahmanya. Des jeunes sous un préau : ils sont prudents. Ils attendent qu’on aille vers eux. Ils ne sont pas surpris d’apprendre que nous sommes là pour cheikh Aheddad. “Tout le village, ce sont des Belhadad ou presque”, dit l’un deux. Sur le seuil de sa boutique, l’épicier nous souhaite la bienvenue. C’est évidemment un Belhadad. Mais la rencontre se fera devant la maison du cheikh, sur cette petite place qui hésite entre la mosquée et takhlijt, le quartier du guide spirituel de la tarika. Tayeb Belhadad a 53 ans. Il est maçon, maigre et il fume cigarette sur cigarette. “Je suis né ici, j’ai vécu ici, à l’exception d’une parenthèse insignifiante, et si Dieu veut, je mourrai ici”, dit-il d’entrée de jeu comme pour expliquer que la branche d’où il descend n’a pas été touchée par l’exil. Des histoires d’évasion de Cayenne et l’île des Pins sont courantes ici. Les enfants apprennent très tôt que leur arrière-grand-père a fait la belle d’un bagne sous les tropiques et qu’il a fait un crochet par l’Australie ou par Londres. On vous dit ça avec la même simplicité qu’on mettrait à vous confier : “Je suis allé prendre un café à Seddouk-Centre !”. Tayeb m’emmène visiter takhlijt n’acheikh. Nous pénétrons par asqif, l’entrée. La porte, en bois massif, artisanalement équarri, patiné, est rabattue vers l’intérieur. Elle s’abrite sous un porche à la voussure en pierre. Une partie de la maison est reconstruite et habitée par un allié de la famille Belhadad. Restaurée, elle est une bâtisse ordinaire, aussi quelconque que ce qu’on construit aujourd’hui. Le bleu du mur jure avec l’ocre de la pierre de taille, matériau traditionnel à Seddouk. Des maçons sont en train de restaurer la maison, qui frôle la ruine. “Il y a enfin un geste pour sauver cette maison”, soupire Tayeb. Tout le monde visitait la retraite du vieil ascète mais aucun de ces responsables qui, à des moments donnés, venaient gonfler leurs poumons d’oxygène patriotique n’a fait le moindre geste pour que la maison reste debout comme l’a été le cheikh face à l’envahisseur. “Un miracle vient donc de se produire”, ironise Tayeb. Les quatre maçons qui s’affairent aux extrémités d’afrag, la cour intérieure, semblent tenus par un échéancier. Deux sont jeunes. Les deux autres sont expérimentés. Parmi les deux plus jeunes, l’un est un Belhadad. “Ils retapent la maison à l’ancienne”, précise Tayeb. Il faut juste consolider pour que les murs ne s’effondrent pas. La maison est ce qu’on faisait de mieux à l’époque. Dans la cour, pavée de ciment, et dénivelée, une jarre vieille comme la maison traîne plutôt que trône. Des tréteaux sont dressés par les maçons. A gauche, une pièce à la forme géométrique relativement imprécise baigne dans une obscurité épaisse. Une porte, au fond de la pièce, s’ouvre à l’extérieur sur une venelle qui sinue vers les rives de la Soummam. Le mur n’est pas percé de fenêtres, mais juste de petits trous rectangulaires. L’une de ces meurtrières donne sur la venelle. “Lorsqu’il ne pouvait ni sortir ni recevoir chez lui, dit Tayeb, cheikh Aheddad parlait aux siens par cette meurtrière sans quitter son refuge”. Takhlijt n’achikh est une cellule monacale à moitié enfouie sous terre. On y entre en baissant la tête et, une fois à l’intérieur, le champ d’action est limitée. Dans un coin, des étagères sont maçonnées dans le mur. Tout cela est bien spartiate mais n’était-ce pas le lieu de vie d’un mystique dont l’ascétisme a forcé l’admiration de ses contemporains. Le 13 juillet 1871, cheikh Aheddad conduit une délégation de moqadems de la tarika partie à Tizi Lakehal pour offrir la soumission au général Saussier. Un militaire français témoigne : “Son âge, ses malheurs, sa figure émaciée par toute une vie d’ascétisme et de réclusion, la dignité de son attitude frappèrent les plus indifférents et les plus sceptiques de nos soldats.” Pendant toute cette journée, raconte-t-on, alors qu’il est gardé sous une tente, cheikh Aheddad recevait les spahis et les auxiliaires algériens qui venaient lui baiser la main en signe de respect et de dévouement. “On va à la mosquée si vous voulez bien”, propose Tayeb. Les dalles en ciment, encore fraîches, sont l’œuvre de Tayeb. Axxam n’rabi, la maison de Dieu ou salle des prières, est fermée par un portail en métal. Trois paires de claquettes en plastique marron sont comme stationnées devant une serpillière qui fait office d’essuie-pied. Tout est ouvert, dans cette mosquée, sauf la salle des prières. La porte d’entrée construite en arcade, il suffit de la pousser pour pénétrer dans la cour dallée. Les lavabos sont accessibles à tout le monde. Tout porte la simplicité de l’islam traditionnel de Kabylie. Pas la moindre ostentation. Avec ses deux balcons pour l’appel à la prière de vive voix, sa hauteur raisonnable, sa forme massive, le minaret est un signe de sobriété. Tayeb nous entraîne vers l’ancienne mosquée, celle dans laquelle cheikh Aheddad transmettait le message de la tarika. Il s’installe dans un petit bâtiment situé sur ses terres en contrebas de Seddouk Oufella. Après la spoliation, le bâtiment servira d’école relevant de l’éducation nationale. Que la direction de la confrérie Rahmanya, la plus puissante de l’époque, s’installe à Seddouk, tout le mérite en revient au cheikh. Né en 1791, Mohammed Ameziane Ben Ali est issu d’une famille laïque de forgerons. Contrairement à l’usage, c’est donc un homme qui n’appartient pas à un lignage religieux qui dirigera de 1857 à 1873 l’ordre fondé à Aït Smaïl par Sidi Abdarahmane Bou Qabrine, le saint aux deux tombeaux,. L’implication de la Rahmanya, par son chef d’alors Hadj Amar, dans le soulèvement anti-colonial de 1957 ayant entraîné la fermeture de la zaouïa, cheikh Aheddad reprend le flambeau à Seddouk, un village vieux de huit siècles. Il donne à l’ordre non seulement une aura nouvelle mais aussi une perméabilité au destin de ses adeptes, ce qui fait de lui à ce jour le symbole d’une mystique de la résistance. La mosquée est une pièce dans un tunnel. Les dalles maçonnées dans le mur même de part et d’autre du chemin font comme les travées d’une assemblée. Derrière la maison du cheikh, une porte en fer. Une main innocente a écrit sur le fond couleur rouille : coiffure. Plus bas encore, on tombe sur une galerie qui forme comme un belvédère ouvert la vallée. Deux grandes salles de prière ou d’enseignement sont à l’abandon. “Ce sont les khouans (les ouailles) du cheikh, venus de toute la Kabylie, qui ont construit cet ensemble”, dit Tayeb. Tout tombe en ruine. On reprend la galerie dans l’autre sens. Le local de l’association Issoulas, dédiée à la connaissance de cheikh Aheddad, est fermé. Les jeunes qui nous avaient vus arriver sont au même endroit. L’épicier fait la sentinelle devant son échoppe. Tayeb nous invite à prendre un jus Touja chez son cousin. Entre les sandales made in China et les légumes de la vallée, on parle de voyages. Voyage dans l’espace. Voyage dans le temps. “J’ai le regard long et la main courte”, dit Tayeb. Traduire : Je vois et je projette loin, mais ne peux y aller. J’ai promis de citer le nom de l’auteur de ces propos. Il s’appelle Tayeb Belhadad.
A. M.

Mardi 29 Avril 2008

 Chaque jour, un Algérien se suicide…

Stress, dépression nerveuse, chômage, malvie

En finir avec la vie pour fuir une réalité trop dure à supporter, telle est la situation qui a emporté l’année écoulée 177 âmes algériennes recensées par les services de police, à l’heure où de son côté la Gendarmerie nationale a enregistré le triste record de 128 cas. Y a-t-il lieu de s’alarmer ? La réponse est sans doute oui, car la courbe est ascendante et le nombre des suicidés enregistre une hausse, même si elle est légère. Le constat fait par la police le confirme, le phénomène connaît une constante évolution depuis l’année 2005. Ainsi, de 114 victimes en 2005, on est passé à 169 cas en 2006, pour arriver à 177 en 2007.

Parmi ces 177 cas enregistrés, 168 sont majeurs, dont une grande partie constituée par la gente masculine, soit 135 cas, contre 33 femmes suicidées. Les mineurs ont aussi appris à se donner la mort, ils ont été 8 garçons et 1 fille à avoir mis fin à leurs jours l’année écoulée, alors que les filles ont été beaucoup plus nombreuses à tenter de se suicider, avec 42 tentatives contre 3 pour les garçons qui ont tenté de mourir. L’acte de renoncement à la vie est devenu une pratique non exceptionnelle dans notre pays. Des spécialistes parlent même de statistiques en deçà de la réalité. Il est vrai que la désertion du champ de la recherche scientifique par les spécialistes et les chercheurs a laissé aux services de sécurité le seul soin de recenser les cas de suicide, ce qui réduit les chiffres aux seuls cas traités par ces services, alors que le phénomène est plus important. Certaines familles dissimulent la cause de disparition de leur proche pour ne pas avoir à supporter la charge de la condamnation religieuse et sociale qui pèse sur le recours à l’acte de mort volontaire. Il est d’ailleurs souvent constaté que le suicide est perçu comme un acte répréhensible dont l’aboutissement constitue le début d’une condamnation collective que devra supporter toute la famille des années durant. Donc si le suicidé se délivre d’une charge, il transmet à son entourage la lourde tâche d’essayer de comprendre lorsqu’il est trop tard le sens et les raisons de son acte. Les familles arrivent mieux à gérer lorsque la tentative de suicide échoue. L’appel au secours du candidat au suicide devenant audible et le recours au psychiatre est encore possible. Les tentatives de suicide, qui sont un signe de détresse, sont encore plus nombreuses que les suicides qui aboutissent. 559 tentatives de suicide ont été recensées durant l’année dernière par la direction de la sûreté publique contre 575 en 2006 et 358 en 2005. Si les femmes étaient moins nombreuses à tenter de se suicider en 2007, avec 188 cas contre 326 pour les hommes, elles ont toujours été supérieures en nombre durant les années écoulées dans le cas des tentatives de suicide. C’est d’ailleurs la première fois en cinq ans que les tendances sont inversées en matière de tentative de suicide. Elles ont été 318 à tenter de se suicider en 2006 contre 163 hommes. Alors qu’une année auparavant, les femmes avaient été 190 à tenter la mort contre 124 hommes, et 238 contre 158 en 2004.

Les femmes sont plus enclines aux tentatives de suicide

Les scientifiques estiment que les femmes sont plus enclines aux tentatives de suicide qu’au suicide, car il s’agit d’appels au secours qu’elles lancent, plutôt qu’une réelle envie de mourir. Pour ce qui est des raisons menant au suicide, l’étude effectuée par la DSP montre que le phénomène du suicide touche particulièrement les couches défavorisées. Si la dépression est généralement la cause directe du suicide, les conditions socioéconomiques sont aussi des facteurs d’exacerbation de l’état dépressif. Ainsi les chômeurs sont souvent les premiers sur la liste des suicidés, signe que le marasme social peut fragiliser encore plus les personnes déjà vulnérables psychologiquement. D’autres facteurs aggravants sont aussi recensés, tels que les problèmes familiaux, les troubles psychiques, les déceptions sentimentales et l’honneur. Lorsque l’envie de mourir se manifeste et se fait pressante, le candidat au suicide use, selon les cas, de moyens susceptibles de rendre son triste projet concret. Produits chimiques, barbituriques, chutes volontaires, pendaison, asphyxie au gaz ainsi que l’emploi d’armes à feu et objets tranchants sont autant de moyens utilisés pour mettre en application l’ultime acte de désespoir. Les statistiques des services de la Gendarmerie nationale font état, pour leur part, de la prévalence du suicide chez la tranche d’âge comprise entre 18 et 30 ans avec 50 cas sur 128, suivie des personnes dont l’âge varie entre 30 et 45 ans avec 39 cas, et 20 autres cas ont été enregistrés pour les personnes de plus de 45 ans et 16 cas pour les mineurs. Les chômeurs arrivent en tête du classement du nombre de suicidés avec 75 cas et 102 tentatives de suicide. La répartition géographique des suicides fait apparaître 17 cas enregistrés dans la wilaya de Béjaïa, suivie de Tizi Ouzou avec 9 cas, et Mila et Relizane avec 6 suicides, talonnées avec 5 cas par les wilayas d’Alger et de Mascara. Le classement de la police confirme la première place pour la wilaya de Béjaïa avec 20 suicides, suivie de Tizi Ouzou aussi avec 18 cas, de Tiaret avec 13 cas, de Constantine avec 12 cas et à des degrés moindres de Mascara, de Batna et de Djelfa.

LE SUICIDE

 Questions / Réponses

 
Mythes et tabous sur la problématique suicidaire:

 1.       Le suicide, ça se fait sur un coup de tête.

 2.       Il y a plus de suicides chez les personnes pauvres.

 3.       Lorsqu'il y a un suicide dans une famille, les membres de cette famille deviennent plus à risque de se suicider.

 4.       Quand une personne ne va pas bien et que soudainement elle va beaucoup mieux, ça veut dire que ses problèmes sont résolus.

 5.       On peut toujours empêcher le suicide.

 6.       Parler de suicide, ça peut donner l'idée de le faire.

 7.       Une personne qui veut se suicider, veut absolument mourir.

 8.       Quand quelqu'un nous parle de suicide et nous demande de garder le secret, on doit respecter sa demande.

 9.       Une personne qui pense au suicide, y pensera toute sa vie.

 10.    Les personnes qui veulent se suicider paraissent toujours déprimées.

 11.    On ne peut pas savoir qu'une personne est suicidaire.

 12.    Ceux qui parlent de suicide veulent seulement attirer l'attention.

 13.    Ceux qui se suicident sont lâches ou ils sont courageux.

 
Réponses aux affirmations:

 1. Suicide sur un coup de tête: Le suicide suit un processus pouvant s'échelonner de quelques mois à quelques semaines. Chez les adolescents et les personnes impulsives, le processus peut se dérouler en quelques jours voire même quelques heures.

2. Suicide et milieu défavorisé: Le suicide se produit dans toutes les classes de la société. Le suicide est relié à une incapacité à faire face à ses souffrances et de résoudre ses problèmes. Toute personne peut, un jour, suivant une ou des pertes significatives, se retrouver devant cette incapacité.

3. Un suicide dans la famille: Le suicide n'est pas héréditaire. C'est un modèle de résolution de problème qui peut se transmettre par apprentissage. Cependant, il n'existe pas de relation mécanique entre le suicide dans une famille et la suicidalité des autres membres.

4. Amélioration subite: À certains moments, lorsque la personne a décidé de son plan, "où, quand, comment" elle va le faire, elle peut paraître mieux. Elle se sent soulagée d'avoir pris sa décision. La personne a-t-elle reçu de l'aide? Sa situation a t-elle changée? Il faut aller vérifier nos doutes.

5. Empêcher le suicide toujours: En dernier lieu, le suicide est la décision de la personne elle-même. Nous ne sommes pas des "sauveurs" mais nous avons la responsabilité de lui offrir d'autres alternatives et d'assurer sa sécurité.

6. Parler encourage le passage:
Il faut parler directement du suicide avec la personne qui souffre car elle a besoin de dire sa souffrance. C'est en utilisant les vrais mots que nous aurons des vraies réponses.

7. Une personne suicidaire veut mourir: Elle ne veut pas mourir mais faire cesser sa souffrance. Ce qu'elle veut tuer ce n'est pas elle mais la souffrance qui l'habite.

8. Secret/discrétion:
On ne doit jamais promettre le secret face à une menace suicidaire mais nous pouvons promettre la discrétion. Le secret peut être lourd conséquence pour la personne en difficulté comme celle qui reçoit la demande.

9. Suicide un jour, suicidaire toujours: Pour la majorité des personnes, un épisode de crise suicidaire, est une réalité ponctuelle, circonstancielle. Il suit une accumulation de pertes significatives pour la personne. Il s'inscrit donc dans le temps.

10. Reconnaissance d'une personne suicidaire: Des études affirment que sur 10 personnes décédées par suicide, 8 avaient laissé des messages. C'est dire que dans 80% des cas, si nous connaissons bien les signes précurseurs, nous pourrions détecter les messages d'une personne en détresse.

11. Image déprimée: Il est vrai que les personnes suicidaires sont en général dans un épisode de dépression. Par contre, certaines personnes cachent leur souffrance par une attitude souriante, dure, insensible etc.

12. Attirer l'attention: Il faut prendre au sérieux les menaces suicidaires car elles traduisent un état de mal être; elles sont des appels à l'aide.

13. Lâche/courageux: Une personne suicidaire n'est ni lâche ni courageuse mais souffrante et est temporairement dans un état d'esprit qui ne lui permet pas d'entrevoir une autre solution.

 

 

Mardi 29 Avril 2008
Le phénomène a pris de l’ampleur
 

Ces derniers temps, l’on assiste au phénomène de l’exil volontaire vers des horizons nouveaux, non pas guidé par l’envie de la découverte,  mais par le ras-le-bol de la vie quotidienne sans attrait.

Voilà ce que pense une grande partie de la population (des jeunes en particulier) qui s’est rendue compte de la morosité des jours qui se suivent et se rassemblent étrangement depuis le 5 juillet 1962.

Pourquoi cet exil volontaire ? C’est la question clé que doivent se poser justement nos instances dirigeantes qui semblent avoir l’esprit ailleurs... sûrement à l’horizon 2020. Cette fièvre du départ massif nous renseigne sur le fait que l’Algérie vit une profonde situation chaotique laquelle se lit sur le visage de cette jeunesse malheureuse désabusée et exclue des grands projets que connaît le pays, une jeunesse qui souffre en se sentant ignorée. L’exclusion !

Voilà justement ce que ressent le jeune algérien adossé au mur de l’indifférence, sans travail et sans ressources, sans loisir et sans aucune perspective d’avenir. Franchissant le cap de la trentaine d’années, un âge où il devait fonder un foyer, notre jeune a perdu la notion du temps et l’espoir avec. En fait, il n’espère plus rien depuis qu’il a a pris conscience de son existence vide. Ce jeune vit la misère du martyr et ne connaît aucune joie de celui qui vit. Donc, il a fait son mea culpa et n’attend plus rien. Par conséquent, il ne songe qu’à partir.

Partir n’importe où... même en enfer. Par le suicide. Et il pense effectivement que la vie en enfer est préférable à la vie en Algérie. Mais, comment sommes-nous donc arrivés à connaître ce chagrin à grande échelle justement au moment où l’économie nationale se porte bien grâce à une conjoncture favorable qui, hélas ! Ne saurait durer éternellement. Il paraît désormais que cette fortune subite ne fait pas le bonheur du peuple algérien puisque seuls les riches en profitent de l’aubaine... comme toujours d’ailleurs.

Pourtant, nos hittistes, devenus des harragistes, ne demandent qu’à vivre dignement sur leur terre natale, à la force de leurs bras et à la sueur de leurs fronts. Ils veulent que l’Etat jette un regard dans leur direction, qu’il s’occupe d’eux et qu’il prenne leurs doléances au sérieux en ne les obligeant pas à chercher sous d’autres cieux ce que leur pays leur refuse bêtement. Pour ces jeunes exclus, l’entrée de l’Algérie à  l’OMC ne constitue pas une performance, s’offrir une place au Conseil de sécurité de l’ONU n’est pas un succès, l’horizon 2020 est extrêmement loin et que le 3e mandat n’est que la continuité de la misère pour eux.

Ces jeunes ne votent pourquoi devraient-ils se donner cette peine ? Que doivent-ils récolter en retour ? Ils se savent considérés comme la deuxième roue de la brouette. Voilà le mal qui ronge l’Algérie profonde... Cette Algérie que ne montre pas la télé.

Ces Algériens là savent parfaitement que “ces belles choses réalisées par des étrangers sont exclusivement réservées à ces mêmes étrangers qui viennent uniquement en Algérie pour reprendre leur argent et repartir ensuite.

 

 

 

Il s’en va dans la nuit noire, à bord d’une embarcation de fortune.

 

 Il y a une grande part de vérité ici. Ces jeunes, quoique réduits à l’ignorance et à suivre les cours d’une école sinistrée, sont conscients des enjeux de l’heure. Ils sont issus d’un milieu révolutionnaire qui a combattu avec foi pour libérer le pays et ils n’hésiteront pas une seconde pour suivre le chemin de leurs aînés si la patrie est en danger. Ces harragistes ne détestent pas leur pays.

Qui est leur sang et leur chair... Et si aujourd’hui ils décident de le quitter, ils le font la mort dans l’âme. Ce jeune s’en va le cœur brisé et les larmes aux yeux en laissant derrière lui tous les êtres chers qu’il ne reverra sans doute plus jamais sur cette terre de misère. Il s’en va dans la nuit noire, à bord d’une embarcation de fortune, affronter la mer et ses vagues tumultueuses en priant le ciel que celle-ci ne chavire pas. ll jette un dernier regard vers les récifs, imaginant son enfant qui dort dans le berceau, le regard larmoyant de sa femme, de ses parents et des frères et sœurs. 

N’est-ce pas cruel ? Si par malheur l’embarcation se retournait, il se retiendra de crier au secours, préférant mourir rapidement que d’être ramené sur la côte pour mourir lentement après avoir être jugé tel un criminel. N’est-ce pas injuste ?

Oui ! C’est injuste et pénible à la fois. Dans un pays où l’on applique une politique sociale équitable, l’Etat protège justement les couches les plus démunies, ainsi que les veuves et les orphelins en leur octroyant des avantages sociaux et c’est les couches aisées qui paient l’impôt sur la fortune. Malheureusement, nous sommes encore loin de ce niveau de civisme sachant toutefois que la justice sociale absolue n’existe nulle part en ce monde.

 

 

 

Si par malheur  l’embarcation se retournait, il se retiendra de crier au secours.

 

 Néanmoins, concernant notre pays, l’Etat devrait revoir sa copie sociale et d’y apporter des changements conséquents pour améliorer le niveau de vie des citoyens démunis en les exonérant par exemple de la facture d’électricité, d’accorder la gratuité du transport pour leurs enfants scolarisés, de leur venir en aide durant les périodes cruciales (Aïd, rentrée des classes...) sans oublier l’octroi des allocations familiales à tous les enfants algériens en âge de les percevoir.

Ceux-ci doivent être égaux en droit et en devoir.  Il est clair que beaucoup d’Algériens vivent sous le seuil de la pauvreté et l’Etat se doit de leur venir en aide et de réparer cette injustice qui prend des proportions alarmantes. Sur un autre chapitre, des solutions existent pour redresser la situation.  Il suffit d’y songer avec 2 milliards de dollars nous pouvons créer 250 000 emplois permanents, des emplois productifs et producteurs de richesses, loin de la méthode Ansej qui aura montré ses limites en favorisant surtout le fast-food, le taxiphone, travail individuel en passant par le cybercafé. Nous devons regarder la réalité en face pour comprendre que la mauvaise gouvernance a engendré une catastrophe énorme.

Donc, arrêtons les dégâts et investissons dans l’homme qui demeure véritablement l’outil le plus rentable et le plus sûr pour l’heure, il faut stopper le phénomène harraga, qui prend de l’ampleur, déjà qu’une partie de notre élite a décampé en laissant un vide effrayant. Retenons jeunes hittistes. Car semblable à une veine coupée, la nation se vide peu à peu de sa substance essentielle et de vitalité.

Mercredi 23 Avril 2008

Seddouk : Un mini-complexe touristique à l’étude

Cette fois, c’est un projet digne de ce nom entrant dans le cadre du tourisme qui est à l’étude.

 

Il s’agit de la création d’un mini-complexe touristique qui sera réalisé dans la ville de Seddouk, lequel comprendra un hôtel, un restaurant et diverses activités annexes. L’endroit choisi est situé Adha, aux abords de la RN 74 et a proximité de l’entreprise privée “Amimer Energie et la société des  publics”. Deux parcelles communales utilisées précédemment, l’une pour un dépôt de gaz butane de la commune loué à un privé, lequel n’a pas renouvelé le contrat, et l’autre comme huilerie communale qui a cessé l’exploitation depuis belle lurette, ont été affectées au projet. Selon le maire de la ville, des pourparlers ont été d’ores et déjà engagées avec un privé qui s’est porté candidat afin de réaliser le projet pour son propre compte et la maquette y effarant a été déjà établie et remise à l’APC  pour étude et avis à donner. Ce projet d’envergure devait être soumis aux élus lors de la délibération publique prévue pour le 26/03 mais qui n’a pas eu lieu. C’est un projet d’utilité publique qui va apporter sans nulle doute un plus pour la commune, laquelle reçoit des invités lors des festivités comme celle marquant la commémoration du 08/04/1871 que nous venons de vivre pendant 15 jours et où beaucoup de ces invités ont été hébergés dans des écoles ou chez des particuliers.

 

L. Beddar
Source : La dépêche de Kabylie

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